Les coulisses d'Héphaistos......
Pourquoi un journal sur un site de créations ?
Parce que mes bijoux ne naissent pas dans le vide.
Ils naissent dâune femme qui avance, doute, change, recommence.
Ce journal est un espace plus intime.
Celui oĂč je parle du corps, du temps qui passe, de la discipline, de la libertĂ©âŠ
Tout ce qui, finalement, façonne aussi ma maniÚre de créer.
On ne crée pas quand on est figée.
On crée quand quelque chose bouge.
Bienvenue...ï»ż
« Une semaine seule chez moi, face Ă moi-mĂȘme... sans personne.
VoilĂ ce que cela donne quand le silence prend toute la place.
Cette parenthĂšse a Ă©tĂ© un vrai dĂ©clic : elle mâa poussĂ©e Ă reprendre la plume et Ă remettre pas mal de choses en question comme mon poids, la mĂ©nopause etc..la vie de femme.
Câest ainsi que naĂźt ce journal.
Bienvenue dans les coulisses dâHĂ©phaĂŻstos :
lĂ oĂč les masques tombent et oĂč les rĂ©flexions prennent vie. »
« Une semaine seule chez moi, face Ă moi-mĂȘme... sans personne.
février 2026
Cette semaine a été une de celles qui chamboulent.
Un peu comme un réveil matinal trop brusque.
54 ans en avril.
Et non, ce nâest pas lâĂąge qui me gifle.
Câest le corps.
Je nâai pas peur de vieillir.
Jâai peur de mal vieillir.
Et mal vieillir, pour moi, câest se rĂ©veiller un matin et ne plus se reconnaĂźtre.
Et un jour, tu rĂ©alises que tu occupes plus dâespace que prĂ©vu.
Dans tes vĂȘtements.
Dans la piĂšce.
Dans ta tĂȘte.
Le plus violent, ce nâest pas le poids.
Câest le dĂ©calage.
Dans ma tĂȘte, je suis restĂ©e celle dâavant.
ĂlancĂ©e. Souple. Vive.
Mon esprit nâa pas pris un gramme.
Mais mon corps, lui, raconte une autre histoire.
Et ce face-Ă -face est brutal.
Je me regarde dans la glace et je me juge avec une sĂ©vĂ©ritĂ© que je nâaurais pour personne dâautre.
Je vois le ventre, les bras, le cou, les rides.
Je vois ce que jâappelle âle laisser-allerâ.
Une petite voix me le dit depuis longtemps.
Mais je suis experte dans lâart de lâignorer.
Politique de lâautruche, diplĂŽme mention trĂšs bien.
Le cerveau refuse dâaccepter ce que le miroir montre.
Alors on fait quoi ? On détourne le regard.
On met des hauts amples.
On évite les photos.
On plaisante.
On devient solaire Ă lâextĂ©rieur.
Et Ă lâintĂ©rieur, on sâattaque.
Je suis devenue mon propre tribunal. Alors oui, câest violent de dire stop.
Violent dâĂ©crire noir sur blanc ce que je vois.
Violent dâassumer que tout ne âfoutâ pas le camp⊠mais que certaines choses ont dĂ©rivĂ©.
Le combat commence lĂ . Pas contre mon corps.
Contre mon renoncement.
Jâai ouvert un livre de yoga que je laissais prendre la poussiĂšre.
Premiers exercices.
Ce nâĂ©tait pas gracieux.
Ce nâĂ©tait pas fluide.
CâĂ©tait dur.
Je ne veux pas redevenir la femme de 40 ans.
Je veux redevenir fidĂšle Ă mon esprit dâavant.
Celui qui ne fuyait pas.
Celui qui agissait.
Celui qui se respectait.
Je me croyais encore souple.
Ma tĂȘte, elle, nâa pas pris une ride.
Mon corps, si.
Il va falloir réconcilier les deux.
Ce journal ne sera pas une plainte.
Ce sera un chantier.
Un combat contre lâabandon.
Une reconstruction dans la tĂȘte.
Une reconquĂȘte de mon Ă©nergie.
Je nâai pas peur des annĂ©es qui passent.
Jâai peur de me trahir en les laissant passer sans moi.
Alors oui aujourdâhui, je commence.
Pas parfaite.
Pas motivée à 200 %.
Mais décidée.
Et parfois, la dĂ©cision vaut plus que lâenthousiasme.
Le deuxiĂšme et troisiĂšme jours ont Ă©tĂ© des confrontations â avec mon image, mes habitudes, mes rĂ©flexes.
Le quatriĂšme jour a confirmĂ© quelque chose : jâĂ©tais capable de vivre lâaprĂšs tempĂȘte.
Pas en dépit de mes fragilités, mais avec elles.
La joie nâĂ©tait plus une façade socialement acceptable.
Elle Ă©tait intĂ©rieure â celle qui ne demande pas la permission.
Le cinquiĂšme jour, jâai affrontĂ© la balance.
Et surprise. Ce chiffre ne mâa pas brisĂ©e. Il mâa boostĂ©e.
Parce que je nâai plus voulu fuir le regard, je lâai regardĂ©.
Et ça a changé ma journée.
Puis sont arrivĂ©s les jours oĂč la vie sâest invitĂ©e :
lâanniversaire, les repas familiaux, les allers-retours entre libertĂ© et contrainte.
Les doutes ont refluĂ©, parfois mĂȘme avec humour
â comme quand jâai demandĂ© Ă mon fils dâun regard de pro du web de chercher âcomment perdre du ventre aprĂšs 50 ansâ, et quâil mâa rĂ©pondu âelliptiqueâ⊠comme si câĂ©tait la solution pleine de sens đ !
Et aujourdâhui, jâai compris quelque chose :
je me sens mieux mĂȘme quand je nâai pas tout respectĂ©.
Parce que ce journal nâest pas une course.
Ce nâest pas une liste de must.
Câest une conversation intime avec moi-mĂȘme.
Et cette conversation â mĂȘme maladroite, mĂȘme inquiĂšte, mĂȘme un peu excessive â mâaide.
LâĂ©criture allĂšge.
Le regard cesse dâĂȘtre ennemi.
Et la semaine sâachĂšve sur une image trĂšs claire : ce nâest pas la dĂ©faite dâun dimanche riche en caloriesâŠ
câest le rĂ©veil dâune bĂȘte intĂ©rieure qui reprend vie.